Engagements patriotes et années de braise
ou le créateur à l’épreuve de la destruction

1919 à 1920
1919

Le 29 janvier, il est définitivement libéré du Camp de Blanzy et s’installe à Paris ; il loge à l’hôtel garni du Maroc, 4, rue de l’Université.
Le 14 août, il regagne pour trois mois la République Tchécoslovaque nouvellement constituée
Le 18 août, il arrive à Prague (Il y est hébergé quelques jours chez l’architecte P. Janak au n° 1 de la rue U Radnice dans le centre de Prague). Il passe ensuite la majeure partie de son séjour à Dvur Kralové sa ville natale où il se remet à son œuvre sculpté.

Œuvres :

Le 21 novembre, il revient à Paris (Il retrouve brièvement son logement de la rue de l’Université avent de s’installer au 87 de la rue de Hauteville dans le 10 ième arr., dans un studio dans lequel il improvise un coin de travail). Il y visite le salon d’automne à propos duquel il fait dans son journal à la fois le commentaire désabusé et le constat de sa situation artistique personnelle en crise. Extrait Journal 1 : « le salon d’automne de Paris, provoque au premier instant une forte déception, nous attendions après cinq années de guerre, un soudain miracle et ce miracle, ne s’est pas accompli. Première impression : le salon de 1919 ressemble à s’y méprendre aux précédents. Mais comme notre mentalité et notre système de valeurs ont changé pendant la guerre, comme, pour le dire simplement, nous regardons avec d’autres yeux, cela qui, cinq ans plus tôt, nous paraissait prometteur, est aujourd’hui, quoique encore plein de promesses, devenu monstrueux comme l’est un enfant prodige entrant dans sa vingtième année. (…) D’un autre coté, notre espérance en un miracle n’est pas totalement fondée. Si la guerre a eu une influence (bonne ou mauvaise) sur l’art contemporain, cette influence consiste en une lente régénération cérébrale et sensible et ne saurait se manifester par un renversement révolutionnaire de toutes les valeurs.  Ici et là, nous sentons confusément qu’il s’agit ici de quelque chose de neuf que le peintre a vécu tout au long de ses années dans un environnement nouveau mais il y a toujours cette opposition entre cette mentalité nouvelle et les moyens d’expression qui eux sont restés anciens. Cet artiste veut reprendre là même où il s’était arrêté avant la guerre et ce n’est qu’aux prises avec son travail qu’il réalise tout le changement qui s’est opéré en lui. Le résultat en est une crise d’autant plus plaisante à constater qu’elle apparaît dans une génération qui a déjà son public, ses marchands, ses succès, une génération dont la « cote » est déjà établie. »

Œuvres :

Le 5 décembre, il est reçu membre de la prestigieuse Association des artistes plasticiens de Manès.
Il reprend contact avec ses amis, notamment les artistes du cercle de Paris ( Kars, Otto Coubine, Juan Gris, Georges Braque, Richard Weiner et A. Basler, G. Winter, J. Mandelik, les époux Klein…), ainsi que ses amis pragois ( les architectes Janak, Gocar, Novotny, le peintre Emil Filla, le critique et collectionneur Vincenc Kramar, les sculpteurs Dvorak, Matejcek et Stech)

1920

Lettre du 17 février 1920 à sa mère : « Je suis maintenant très actif, j’étais cet après-midi exceptionnellement chez Kars où nous avons peint ensemble cette tête que j’ai porté à la cuisson. C’était une entreprise délicate d’emmener cette tête chez ce potier qui habite à l’autre bout de Paris »

Œuvres :

Lettre du 7 mars 1920 à sa mère : « j’ai rencontré ici avant-hier, un allemand de ma connaissance ; c’est le marchand de tableaux Kahnweiler qui avant guerre menait ici les cubistes. Ceci montre bien que la guerre est terminée à ceci près qu’il ne peut encore ouvrir sa boutique, puisque tous ses biens sont encore sous séquestre. »
Le 26 juillet, il quitte Paris pour parvenir à Prague le 30 juillet d’où il poursuit son voyage jusqu’à Dvur Kralové
Il vit et travaille tantôt à Prague, tantôt à Dvur Kralové. A Prague, il habite chez le sculpteur V. Dvorak, (au n°3 de la rue Kozi dans le centre ville où il dispose d’un petit espace de travail) ; il réalise ses projets les plus complexes dans l’atelier de J. Lauda dans le quartier de Holesovice.

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